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L'UNEF, première force syndicale étudiante, est présente sur tous les campus de France. Elle vise à défendre les droits des étudiants et à en gagner de nouveaux, à informer les étudiants et à organiser la solidarité sur les facs. Vous trouverez ici toute l'actualité militante de l'UNEF Auvergne ainsi que des infos pratiques !

Grèce : le pourquoi du comment

La contestation sociale a pris de l'ampleur cette semaine en Grèce. Près de 100 000 personnes se sont rassemblées les mercredi et jeudi 5 et 6 mai dans les rues de Grèce contre le vote du plan d'austérité présenté par le premier ministre Papandréou, indigne président de l'international socialiste, qui prévoit des baisses de salaires, des hausses de taxes, un recul de l'âge de départ à la retraite, la suppression des 13ème et 14ème mois de salaires.

C'est une véritable asphyxie sociale promise par le gouvernement grec à l'encontre d'un peuple victime innocente de la crise, des banques et de l'Europe libéral.

 


► Pourquoi des mesures si drastiques ?

 

Tout simplement parce que l'Europe conditionne son plan d'urgence de 100 milliards d'euro à des coupes du budget social sans précédent. Si le Gouvernement grec veut l'aide de l'Europe et du FMI, il est contraint d'appliquer la volonté européenne. Notons qu'on se garde bien de demander à la Grèce de réduire ses dépenses militaires qui représentent 5% de son PIB !

 


► La dette grecque est-elle si énorme ?

 

NON ! L’ensemble de la dette grecque représente environ 300 milliards d'euros. Ce n'est que 2% de la richesse produite chaque année par l'ensemble des pays de l'Union Européenne. On pourrait aisément la combler par des mécanismes de solidarité entre pays européens. Rappelons que pour sauver les banques, l'Europe n'a pas hésité à prêter 9% de son PIB !

 


► La Grèce a-t-elle triché ?

 

A l'opposé du discours des médias, toutes les opérations financières qui ont été réalisées par la Grèce étaient légales. Il faut remonter au contexte du début des années 2000 pour comprendre. La Grèce souhaitant satisfaire au plus vite les critères d'entrée dans l'Union Européenne, a "maquillé sa dette" à l'aide de banques d'affaires comme Goldman Sachs qui en échange d'une rémunération, ont "dégonflé" artificiellement la dette des Etats en la titrisant. C'était une opération légale utilisée par de nombreux pays d'Europe dont l'Italie, la Belgique ou la France. Bien que ces opérations soient dangereuses, la Grèce n'a donc pas triché, elle a juste utilisé les outils libéraux mis à sa disposition pour couvrir sa dette. Mais l'Europe qui a interdit ces pratiques, oblige aujourd'hui la Grèce à prendre en compte le poids de ces titres dans sa dette, ce qui a été le déclencheur de la crise financière Grecque.

 

 

► Pourquoi n'y a-t-il pas de solidarité européenne ?

 

Tout d'abord, le problème vient essentiellement de l’article 123 du Traité de Fonctionnement de l’Union Européenne.

 

« est interdit à la Banque centrale européenne et aux banques centrales des États membres […] d'accorder des découverts ou tout autre type de crédit aux institutions, organes ou organismes de l'Union […] ou des États membres; l'acquisition directe, auprès d'eux, par la Banque centrale européenne ou les banques centrales nationales, des instruments de leur dette est également interdite »

 

En résumé ni la Banque Centrale Européenne (BCE) ni les banques centrales des Etats ne peuvent prêter directement à la Grèce : l''Europe qui protège est donc un mythe qui se dégonfle comme un ballon de baudruche à la moindre difficulté.

De plus, les grands états européens n'ont pas besoin de cet article pour faire preuve d'égoïsme. Angela Merkel est beaucoup plus préoccupée de gagner les élections régionales en Allemagne que de venir en aide au peuple grec ; elle n'a pas hésité à émettre l'hypothèse d'une exclusion pure et simple de la Grèce de la zone euro, rien que ça ! Notre ministre du budget français, Eric Woerth n'a pas de quoi parader non plus. En effet l'Etat français souhaite emprunter à des banques privées l'argent destiné à la Grèce à des taux d'intérêts d'environ 3% (ou 1%, le chiffre diffère selon les interventions). Argent qu'il reprêtera ensuite à la Grèce avec des taux de...5% ! Solidarité ou bonne opération financière ? A vous de choisir...


 

► Si la BCE et les banques centrales des Etats ne peuvent pas prêter, comment va-t-on "aider" la Grèce ?

 

C'est très simple. Soit des Etats de la zone euro empruntent directement aux banques pour reprêter ensuite à la Grèce. Soit ce sont les banques qui empruntent à la Banque Centrale Européenne pour ensuite prêter à la Grèce. Bien entendu, toutes ces opérations se font selon les lois du marché libéral et les banques vont en profiter pour dégager des profits juteux sur le dos du peuple grec. Il faut savoir que les banques empruntent à 1% d'intérêts à la BCE et s'apprêtent à imposer des taux scandaleux de plus de 10% au grec !!! Au final, la Grèce sera en incapacité de rembourser comme le souligne bon nombre d'économistes.

 

► Pourquoi laisser la Grèce couler ?

 

Comme on l'a dit, le malheur grec fait le bonheur des banques et des investisseurs pour qui la Grèce est une orange que l'on va presser jusqu'à la dernière goutte. Les fameuses agences de notations font la pluie et le beau temps en Europe. En effet, ce sont elles qui définissent l'état de santé économique des pays européens. Elles ont grandement contribué à aggraver la situation grecque.

Explications :

Plus la note attribuée à la Grèce par ces agences est basse, plus les banques sont frileuses pour prêter. C'est la "confiance des marchés". Si les banques considèrent qu'elles prennent plus de risques, elles vont en profiter pour demander en contrepartie des taux d'intérêts plus importants. Ainsi, le 28 avril les taux pour la Grèce avaient grimpé à 11 % sur 10 ans et 18 % sur 2 ans (encore une fois les banques empreintes à 1% !). Ceci asphyxie complètement l'économie grecque et fait peser la menace d'une cessation de paiement. Et pour boucler la boucle, cette situation qui s'envenime avec l'envolée des taux provoque une nouvelle dégradation de la note grecque par les agences de notation et des taux d'intérêts qui augmentent encore...etc.

En résumé, si personne n'a vraiment intérêt à laisser couler la Grèce, on va la vampiriser jusqu'à cessation de paiement pour ensuite faire ce qu'on aurait du faire depuis le début : permettre à la BCE de prêter directement à la Grèce à 1% !

 


► La contagion, c'est possible ?

 

OUI ! La Grèce n'était qu'une mise en bouche. Après avoir mis à genou la Grèce, nul doute que les banques et les agences de notation s’attaqueront à des proies plus grosses. Et tout cela a déjà commencé par les rumeurs qui circulent concernant la dévaluation possible de la note portugaise et la sois-disant demande d'aide de l'Espagne au FMI. Bien aidés par les médias, les mêmes charognards qui se servent sur la Grèce tentent à maintenant de déstabiliser le Portugal ou l'Espagne en affolant les marchés.

 

 

En conclusion, le déficit grec pourrait être comblé aisément en permettant un prêt direct de la BCE. Au lieu de ça, les marchés profitent de la situation pour saigner à blanc l'économie grecque et faire de l'argent sur le malheur d'un peuple. Ils ne comptent pas s'arrêter là et tentent déjà de déstabiliser d'autres économies !kke


  mégaphonebonSeul un refus clair des peuples européens de se faire dépouiller peut venir à bout des banques en refusant les plans d'austérité et en rejetant le dictat des marchés !


 


 


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J


Je crois que tu te trompes sur la dette. Les banques ne vont pas s'appauvrir ni être volées en pétant à la Grèce, c'est tout le contraire. En prêtant à 10% de taux d'intérêt alors qu'elles se
financent à 1% à la BCE, elles vont faire des profits juteux sur le dos du peuple grec tout en lui imposant des restrictions budgetaires drastiques pour payer. Au final, qui est appauvri et qui
est spolié de ces richesses si ce n'est le peuple grec ?



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B


En réalité, le problème n'est pas la dette de tel ou tel Etat, le problème c'est surtout le niveau de vie global de l'humanité. Si avoir une dette c'est mal, c'est parce que ça revient à voler
celui qui a prêté... et à baisser son niveau de vie. La dette publique est surtout un très bon prétexte pour faire payer aux peuples le gaspillage qui vient des capitalistes (ou du moins de leur
mentalité...).


 


C'est une réelle révolution qui s'annonce en Grèce, et pour ça le meilleur conseil que j'ai à donner est le suivant : CRP :


 


http://fr.wikipedia.org/wiki/Coop%C3%A9ration-r%C3%A9ciprocit%C3%A9-pardon


 


Je vous invite vivement à visiter ce lien et à méditer tout ce qui en découle, cela en vaut la peine.



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