L'UNEF, première force syndicale étudiante, est présente sur tous les campus de France. Elle vise à défendre les droits des étudiants et à en gagner de nouveaux, à informer les étudiants et à organiser la solidarité sur les facs. Vous trouverez ici toute l'actualité militante de l'UNEF Auvergne ainsi que des infos pratiques !
9 Mars 2012
Le Centre National des Œuvres Universitaires et Scolaire (CNOUS) s’est engagé dans un processus de développement des CROUS sur les dix prochaines années. Lors de son dernier conseil d’administration, le CNOUS a adopté les axes stratégiques de ce nouveau projet, appelé projet CNOUS 2020. Ce projet doit permettre aux CROUS de faire face aux défis de l’avenir. Avec le renforcement de l’autonomie des universités, la fusion de certaines d’entre elles et le développement de financements d’excellences, l’enseignement supérieur subit une véritable mutation dans laquelle les CROUS trouvent des difficultés à maintenir leurs missions de service public.
Pour l’UNEF, le projet présente de vraies avancées pour les étudiants mais contient encore trop de zones d’ombres qui laissent des incertitudes sur l’avenir réservé au service public de la vie étudiante. Mais au-delà du contenu même du projet, c’est le contexte dans lequel il se met en place qui laisse planer des doutes quant à son application réelle. Entre pénurie budgétaire et perte de gestion d’un certain nombre de prestations, le projet 2020 sonne plus comme un coup d’épée dans l’eau que comme une perspective d’avenir concrète.
Un projet qui oscille entre véritables avancées et zones d’ombres
Plusieurs revendications des étudiants ont été reprises notamment concernant les aides sociales. Depuis plusieurs années, l’UNEF revendique que l’ensemble des aides destinées aux jeunes en formation soient gérées par les CROUS afin de gagner en lisibilité et en efficacité, faisant ainsi du CROUS le guichet unique des aides. De même, les étudiants ont longtemps fait la demande que les bourses soient gérées pleinement par les CROUS et non entre les rectorats et les CROUS, afin de réduire les délais de versement des bourses. Concernant ces éléments, le projet 2020 reprend ces revendications étudiantes en y ajoutant la mise en place d’un Dossier Social Etudiant[1] unique et obligatoire, évitant ainsi tout phénomène d’auto censure[2].
De même sur le logement, l’UNEF a obtenu que le projet CNOUS 2020 se place dans une perspective de constructions nouvelles de logements étudiants, fixés dans l’objectif de rattraper les retards des Plans Anciaux de 2004[3] et de palier aux difficultés d’accès (seulement 7% des étudiants trouvent une place en cité-U, 3% en région parisienne).
Cependant le projet laisse de nombreux flous et mériterait de se préciser. Afin de s’adapter aux mutations de l’enseignement supérieur, le CNOUS propose de réorganiser sa structure en renforçant les « responsabilités » des pôles, des antennes, des unités de gestion sans en définir les contours. De même, le projet propose des axes de réflexions extrêmement larges qui laissent libre à des interprétations bien diverses. Sans remettre en cause la tarification sociale concernant la restauration universitaire, le projet prévoit tout de même une augmentation importante des structures type cafétéria, structures qui permettent de déroger au tarif social. L’UNEF s’est d’ailleurs opposée à une telle dynamique et appuie le développement des restaurants universitaires qui servent des repas complets au prix du ticket RU.
Un projet qui s’inscrit dans un contexte de pénurie budgétaire
En janvier 2012, les dotations de l’Etat avaient encore diminué pour les CROUS. Gérer la pénurie budgétaire devient le lot commun de l’ensemble des CROUS. Difficile de voir se concrétiser les axes stratégiques portés par le CNOUS lorsque les moyens financiers ne sont pas au rendez-vous. Résultat, l’ensemble du projet a été rédigé sous le prisme de l’austérité. Ainsi, le projet articule les propositions stratégiques pour gérer la pénurie mais n’est pas viable si un investissement financier supplémentaire n’est pas débloqué rapidement par l’Etat.
De plus, les ambitions affichées sont en totale contradiction avec les politiques actuelles en matière de vie étudiante. Difficile d’imaginer les CROUS comme guichet unique des aides lorsque la première mesure du ministère, pour l’année 2012, a été de transférer la gestion des bourses mobilités du CROUS vers les universités.
Un projet à suivre de près
Le projet CNOUS 2020 ouvre des perspectives de développement pour les CROUS. Tout l’enjeu pour le syndicat étudiant est de faire en sorte que les CROUS évoluent toujours dans le sens de l’intérêt des étudiants. C’est pour cela que l’UNEF a fixé d’ors et déjà des lignes jaunes à ne pas franchir. Tout d’abord, les CROUS ne peuvent continuer à gérer la pénurie budgétaire. Par manque de moyens, les CROUS se détournent de leurs activités de service public pour s’orienter vers une activité marchande. Augmentation des tarifs, augmentation des loyers, dérogation au tarif du ticket dans les cafétérias, sont autant d’éléments que refuse le syndicat étudiant. Les étudiants ne peuvent être la variable d’ajustement de la faiblesse des investissements de l’Etat.
De même, pour l’UNEF, il est impératif de repousser toute idée de refonte de la structure des CROUS qui irait vers plus d’autonomie de l’échelon local. En effet, cela désengagerait l’Etat d’un certain nombre de ses responsabilités, en termes d’investissements financiers notamment, et renforcerait le caractère marchand des CROUS, alors à la recherche de nouvelles ressources financières, notamment commerciales. Cela éloignerait le réseau des œuvres universitaires de ses missions de service public.
L’élaboration du projet doit continuer sur les prochains mois. Les élus étudiants de l’UNEF resteront vigilant à la concrétisation de ce projet et utiliserons les nouvelles perspectives qui sont offertes pour améliorer les conditions de vie et d’études des étudiants.
1. DSE : dossier de demande de bourse ou de logement étudiant CROUS
2. En effet de nombreux étudiants ne font pas leur demande de bourse pensant ne pas y avoir droit. Or les critères évolue et ne sont pas les mêmes selon que lorsqu’on est lycéen. Ainsi plusieurs milliers d’étudiants ne sont pas boursiers et ont droit aux bourses.