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L'UNEF, première force syndicale étudiante, est présente sur tous les campus de France. Elle vise à défendre les droits des étudiants et à en gagner de nouveaux, à informer les étudiants et à organiser la solidarité sur les facs. Vous trouverez ici toute l'actualité militante de l'UNEF Auvergne ainsi que des infos pratiques !

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[Communiqué national] Coût de la rentrée étudiante : Valérie Pécresse s'enferme dans le déni de la réalité

Alors que l’UNEF a publié lundi 23 août pour la 6ème année consécutive son enquête sur l’évolution des dépenses du « panier de l’étudiant » et les conditions de la rentrée, indiquant une hausse des frais de rentrée de 3,3% et une hausse du coût de la vie étudiante de 4,3% pour 2010/2011, la ministre de l’enseignement supérieur Valérie Pécresse a rendu public un indicateur de circonstance censé démontrer que le coût de la rentrée étudiante augmente de 1,6%, soit précisément 0,1% de moins que l'inflation (1,7% selon l'INSEE).

 

C’est la première année qu’un tel indice est publié par le ministère de l’enseignement supérieur. Le fait que la ministre s’appuie sur ses services plutôt que sur l’observatoire de la vie étudiante (OVE) démontre son manque d’objectivité et sa volonté d’en instrumentaliser les résultats.

 

Le ministère déforme la réalité pour minimiser le coût de la rentrée

 

Le ministère n’explique pas de quelle manière il calcule son coût moyen de la rentrée étudiante. Mais à la lecture des chiffres sur lesquels il s’appuie, il déforme sciemment la réalité et ignore les spécificités étudiantes pour minimiser le coût de la rentrée.

 

Concernant le logement, le ministère s’appuie sur l’évolution des loyers en résidence principale de l’INSEE qui ne chiffre la hausse qu’à 1,5%. Ce chiffre ne correspond pas à la réalité du logement étudiant. Les étudiants emménagent à la rentrée, et doivent donc effectuer des dépenses liées à la caution et au dépôt de garantie. Les étudiants louent majoritairement des logements de petite surface (10-15m2), aux loyers souvent plus élevés. Enfin les logements étudiants ont la spécificité d’être souvent reloués et chaque changement de locataire entraine bien souvent une revalorisation des loyers : c’est la raison pour laquelle les loyers à la relocations augmentent bien plus vite que les l’évolution générale des loyers. L’UNEF s’est donc appuyée sur l’évolution du loyer à l’emménagement, qui atteint 8,1% selon l’OLAP (Observatoire des Loyers de l’Agglomération Parisienne).

 

Concernant les dépenses obligatoires, le ministère parle d’une hausse « modérée ». Pourtant, les frais d’inscription augmentent de 2,4% en moyenne (+1,8 % en licence, +2,5 % en master, +2,6% en doctorat), soit une hausse bien supérieure à l’inflation et à l’augmentation de 2009 (+2 % en moyenne). Le prix du ticket de restaurant universitaire augmente de 3,4% (+0,10€), soit plus vite que l’inflation et surtout deux fois plus vite que l’an dernier (+0,05€ en 2009). Une hausse n’est pas « modérée » quand elle est supérieure à l’inflation ou à celle pratiquée chaque année.

 

Concernant les transports, le ministère s’appuie sur l’indice de l’INSEE indiquant une hausse de 0,1% des « services de transport » (taxis, routier, ferroviaire, aérien). Les besoins des étudiants sont calculés par l’UNEF en fonction du prix de la carte Imagin’R 3 zones en Ile-de-France, et sur un cout moyen des transports en commun en province, afin de coller au plus près des dépenses des étudiants qui prennent plus souvent le bus et le train que l’avion et le taxi.

 

Aux étudiants qui demandent du pain, on ne peut pas répondre « mangez de la brioche » !

 

L’UNEF regrette que la ministre préfère répondre aux inquiétudes des étudiants par la polémique, plutôt que par une politique sociale à la hauteur des enjeux. Au-delà des chiffres de l’UNEF, c’est la réalité sociale étudiante que Valérie Pécresse conteste. Cette démarche n’est ni honnête, ni responsable. Elle confirme la volonté du gouvernement de tourner le dos à toute amélioration des conditions de vie étudiantes dans les prochains mois.

 

Plutôt que de polémiquer et de nier sa responsabilité dans la dégradation actuelle des conditions de vie étudiantes, l’UNEF aimerait que Valérie Pécresse réponde aux interrogations suivantes des étudiants :

 

> Quand et comment entend-elle débloquer les 160 millions nécessaires au financement du 10ème mois de bourse dont le versement a été promis par Nicolas Sarkozy pour septembre 2010 ?

> Pense t-elle que les 400 millions d’euros d’économies réalisées sur le dos de 550 000 étudiants par le biais de l’interdiction de cumul entre APL et demi-part fiscale est de nature à répondre à l’urgence sociale et aux galères de logement ?

 

> Pour quelles raisons les taux et barèmes des bourses pour 2010-2011 ne sont-ils toujours pas connus à la fin du mois d’août alors qu’ils sont habituellement décidés en juillet ? Le gouvernement envisage t-il un gel des bourses pour la rentrée ?

 

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