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retraites
1 ► Historique.
 
  Au début du 20ème siècle, aucun système de retraite n'existait au niveau national. La solidarité entre génération réglait le sort des anciens en compensation de petits travaux. Seuls les fonctionnaires bénéficiaient d'une petite retraite, mais bien souvent on travaillait jusqu'à la mort.
Entre 1910 et 1930, un système de retraite par capitalisation obligatoire est mis en place. Schématiquement, chaque travailleur doit économiser ou investir dans des biens lui permettant de conserver de quoi vivre après l'âge de la retraite. Ce système ne fonctionnera que partiellement. La CGT, le principal syndicat rejette cette mesure parce que l'âge du départ à la retraite est situé plus haut que l'espérance de vie, elle axe donc son combat sur les salaires, et d'autre part, elle s'oppose à la gestion du système par l'Etat. Ce dispositif touchera néanmoins 3 millions de travailleurs. 
C'est en 1941 qu'est mise en place la retraite par répartition où tous les actifs cotisent auprès de l'Etat qui redistribue ensuite les cotisations sous forme de pensions en direction des retraités. Initialement utilisé par le régime de Vichy pour mettre la main sur des sommes d'argent importantes, la retraite par répartition s'impose au cœur du système social français à la sortie de la guerre avec la création de la sécurité sociale.
Dès lors, la retraite par répartition est vue comme le symbole d'un système social basé sur la solidarité et des mécanismes de répartition des richesses.
 
 
2 ► Précédentes réformes.
 
◘ La première tentative de réforme a lieu en 1953 et vise à uniformiser le régime général et les régimes spéciaux (ceux des catégories de travailleurs ayant obtenus des avantages particuliers). Ce projet sera retiré devant la forte contestation.
 
◘ Mitterrand avance l'âge de départ à la retraite à 60 ans en 1981 et donne la possibilité de partir en préretraite.
 
La plus importante réforme est celle de 1993. Le gouvernement Balladur fait passer la durée de cotisation de 37,5 à 40 années, indexe le montant des retraites sur les prix et non plus sur les salaires et calcul les pensions sur la base des 25 meilleures années au lieu des 10 meilleures précédemment. Il instaure aussi un dégrèvement par année manquante.
 
◘ En 1995, Juppé ne parvient pas à aligner les régimes spéciaux sur le régime général grâce à une mobilisation historique.
 
◘ En 2003, Raffarin et Fillon prévoient d'allonger la durée de cotisation d'ici 2012. La loi prévoit également des départs à la retraite anticipée pour les carrières longues et garanti un plancher pour les pensions. Ils ajoutent à leur réforme la possibilité de racheter 3 années d'études. Cette réforme précède l'actuelle.
 
 
3 ► La réforme actuelle.
 
Le gouvernement a annoncé son intention de rouvrir le dossier des retraites au printemps 2010. Les premières discussions devraient avoir lieu le 21 avril entre les syndicats de travailleurs qui ont réussis la manifestation du 23 mars, le patronat et un gouvernement clairement désavoué lors des élections régionales de mars dernier. Dans le même temps le Conseil d'orientation sur les Retraites (COR) va rendre public un rapport très attendu sensé éclairer le débat. Si les intentions du gouvernement sont encore floues, comme à son habitude il veut mener une réforme éclaire avec le moins de dialogue possible. En effet, le texte de loi doit être déposé au parlement en Septembre, ce qui nous promet une réforme durant l'été dans l'indifférence générale.
 
Cependant, une chose est sûre, le gouvernement souhaite réformer le financement des caisses de retraites. Trois arguments motivent la réforme :
 
• Les caisses sont déficitaires, il faut allonger le temps de travail et/ou la durée de cotisation.
• Les générations du baby boom arrivent à la retraite et 8 millions de retraites devront être payés en plus d'ici 2050.
• L'espérance de vie augmente, le temps de travail doit suivre.
 
 
4 ► La contre-argumentation.
 
C'est encore une fois sur les travailleurs que pèsera le poids des réformes : allongement de la durée de cotisation, recul de l'âge de départ à la retraite, cotisation plus élevées... quelque soient les solutions retenus, le gouvernement veut ponctionner les salariés. Ceci est une posture idéologique qui s'inscrit dans la liquidation de tous les acquis sociaux.
 
mégaphonebon1. La question des retraites c'est celle de l'emploi et des salaires !
 
Alors que le taux d'emploi chez les séniors est inférieur à 40%, il faudrait que nos anciens travaillent plus longtemps et plus vieux ! C'est une absurdité qui ne vise qu'à empêcher les salariés d'atteindre le nombre d'annuité nécessaires pour obtenir une retraite pleine ! Ces mesures ont déjà montrées leur inefficacité en 1993 : l'augmentation de la durée de cotisation n'a participé qu'à 4% des économies réalisées avec la réforme Balladur alors qu'elle a participer à l'appauvrissement des retraités ! L'essentiel des économies étant dues à l'indexation des retraites sur les prix et non plus sur les salaires.
Au contraire, permettons à nos ainés de partir à 60 ans à taux plein et donnons du travail aux 25% de jeunes au chômage qui en plus d'accéder à un emploi cotiserons pour les retraites !  De plus, une hausse des salaires permettrait de cotiser plus quand on sait que 8 millions de français vivent sous le seuil de pauvreté. Il faut donner les moyens de vivre et de cotiser à tous, y compris aux étudiants avec l'allocation d'autonomie.
 
mégaphonebon2. La démographie : faux débat.
 
Il est vrai que le ratio actif/retraité est en baisse. En 2050, il y aura 1,5 voire 1,1 actifs pour un retraité. Cependant, un salarié est 30% plus productif aujourd'hui qu'au milieu des années 1990 et la part de son salaire dans les richesses qu'il produit à diminué de 10% sur la même période. On a donc des salariés qui produisent plus et que l'on paie moins (en valeur relative). C'est pourquoi c'est sur une meilleure répartition des richesses qu'il faut agir, notamment revenir sur les exonérations fiscales accordés aux entreprises depuis des années et qui ne créent pas d'emplois tout en enrichissant les plus aisés. De même, taxons les revenus financiers qui sont la source de juteux profit pour les riches mais qui pénalisent l'économie "réelle", celle dont nous vivons.
Qui plus est, les données démographiques ne sont pas toujours facteur d'inquiétude ; la population française continue d'augmenter et nous sommes proches du seuil de renouvèlement des générations. Les craintes d'un ralentissement démographiques comme le connait l'Allemagne sont assez loin.
 
mégaphonebon3. La retraite : un temps utile.
 
Les discours que l'on peut entendre ici et là présentent souvent un regard négatif sur la retraite, vue comme un temps d'oisiveté inutile. Bien au contraire, la retraite est un temps fort de la vie où l'on réalise ses projets, où l'on s'implique dans les réseaux associatifs, où l'on se cultive et participe à l'éducation des petits enfants... Après 40 ans de travail, il est juste de préserver la retraite à 60 ans, qu'importe l'évolution de l'espérance de vie. Le gouvernement voudrait-il nous faire revenir en 1930 quand l'âge de la retraite était de 65 ans pour une espérance de vie de 50 ans ?!
 
mégaphonebon4. le financement, une question politique.
 
    Le COR estime qu'il manquera 72 à 114 millards d'euros dans les caisses de retraites sur la période 2010-2050. Ces chiffres qui vont du simple au double, en fonction de la situation économique,montre nt bien la dificulté à planifier le financement des retraites.Cependant et contrairement à ce qu'annonce le gouvernment, il y a bel et  bien des alternatives à l'alongement de la durée du travail et au recul de l'âge de la retraite.
 
 
   Suppression des exonérations de charges patronales : 30 milliards
+ Taxation des revenus financiers au même taux que les cotisations salariales : 20 milliards
+ 200 000 chômeurs en moins : 20 milliards
+ Meilleure répartition des richesses en faveur des salaires et autonomie de tous : plusieurs milliards pour les retraites.
+ Elargissement de l'assiette des cotisations à la valeur ajoutée,
+ Effort supplémentaires des entreprises ayant profiter de l'augmentation de la productivité.
 
= de quoi financer une bonne partie des retraites en attendant que la situation démographique redevienne plus favorable, aux alentours de 2040.  
Liens utiles  :
Nos article sur les retraites et !
 

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