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Intervention d'Adèle de RUSF lors de la journée d'études sur l'engagement, à l'Université Blaise Pascal, dans le cadre des commémoration de la Rafle de l'Université de Strasbourg repliée à Clermont-Ferrand (1943), pour le retour des étudiantes Anush et Eline (Université Blaise Pascal). Retrouvez la pétition : ICI !

 

"Mesdames, Messieurs,


Je souhaiterais tout d'abord remercier Monsieur le Président de l'Université Blaise Pascal Mathias Bernard et Madame la Rectrice Marie-Danièle Campion, qui permettent aujourd'hui à la parole étudiante de s'exprimer.
Cette journée s'annonce riche en mémoire, en témoignages qui nous permettent encore aujourd'hui d'entretenir le souvenir de notre histoire. Comme le disait Elie Wiesel : « Le bourreau tue toujours deux fois, la seconde fois par l'oubli. »
En ce jour nous n'oublions pas.
A travers ces témoignages, à travers les recherches historiques, des valeurs nous sont transmises. Ce sont des valeurs universelles : Le courage, la force des mots et celles de actes, l'entraide, l'humanisme et surtout la solidarité.
En ce début de XXIème siècle, ces idéaux dont nous avons hérité, nous devons les porter haut et fort à l'intérieur de la communauté universitaire, et au sein de la société en général.
Bien sur le monde a changé en 70 ans, et si les hommes et les femmes disparaissent, leurs idéaux demeurent.
Sept décennies ont passé depuis que l'université de Strasbourg s'est repliée à Clermont-Ferrand.
Notre Ville a toujours été un refuge pour les étudiants, les professeurs, les personnels, opprimés ou recherchés.
Notre Université, un endroit où le maître mot est la transmission des savoirs, dans un cadre serein et apaisé pour ceux qui étudient, ceux qui y travaillent.
La communauté universitaire est un ensemble dynamique et résolument tournée vers l'international, preuve en est du métissage de la population étudiante.
Des jeunes et des moins jeunes, issus de nombreux pays, de nombreuses cultures, font vivre notre belle université au quotidien, eux aussi porteurs de souvenirs, de mémoires parfois douloureuses.
Notre pays est historiquement une terre d'accueil pour les étrangers, qui fuient des situations dramatiques où leur vie peut parfois être mise en péril.
Cependant certains événements récents ne peuvent que nous laisser interdits, au regard de l'héritage, du patrimoine culturel et historique dont nous nous réclamons.
Edik ASATRYAN et ses deux filles Anush et Eline ont fui l’Arménie en janvier 2013. Leur vies y étaient en danger, car Anush et Eline avaient témoigné contre un personnage politique influent. Après qu’elle ait subi de nombreuses agressions et menaces de mort, la famille a été contrainte de quitter l'Arménie pour se réfugier en France.
Malgré des faits très graves et les preuves apportées, Edik, Anush et Eline ASATRYAN n’ont pas obtenu le statut de réfugié à l’Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides (OFPRA), car l’Arménie a été classée par la France dans la liste des « pays sûrs ». Ils ont préparé avec leur avocat un recours devant la Cour Nationale du Droit d'Asile (CNDA). Mais sans attendre la convocation de la CNDA, le 14 novembre, la préfecture du Puy de Dôme les a fait arrêter prétextant que pour les « pays sûrs », le recours n’empêche pas l'expulsion.
Emmenée au centre de rétention de Lyon, la famille se préparait à rencontrer le juge des Libertés et de la Détention. L’audience était prévue pour le lundi 18 novembre. Mais le 15 novembre, tout juste 24 heures après avoir été arrêtés, sans attendre qu’ils puissent faire valoir leurs droits, Edik, Eline et Anush ont été expulsés vers l’Arménie.
Anush et Eline étaient professeurs en Arménie. A Clermont Ferrand, elles s'étaient investies dans la vie locale entre autre en étant bénévoles au secours populaire. Elles étaient également étudiantes à l'université Blaise Pascal pour parfaire leur maîtrise de notre langue, elles avaient appris le français en très peu de temps. Aujourd'hui, la communauté universitaire se mobilise pour leur retour.
Au regard des valeurs communes autour desquelles nous sommes rassemblés aujourd'hui, je vous demande d'avoir une pensée pour eux et de vous souvenir que notre université se doit d'être un rempart contre les atteintes envers les droits de l'homme et du citoyen.
Si vous désirez nous soutenir, nous aider, participer à notre mobilisation, contactez le réseau université sans frontières 63. Nous serons présents entre midi et deux dans le hall d'entrée pour répondre à vos questions.
Je vous remercie et je vous souhaite une bonne journée."

 

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Published by Unef Auvergne -

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